Friday, December 21, 2001

The center cannot hold

Tout d'abord une citation:

Turning and turning in the widening gyre
The falcon cannot hear the falconer;
Things fall apart; the centre cannot hold;
Mere anarchy is loosed upon the world,
The blood-dimmed tide is loosed, and everywhere
The ceremony of innocence is drowned;
The best lack all convictions, while the worst
Are full of passionate intensity.

Surely some revelation is at hand;
Surely the Second Coming is at hand.
The Second Coming! Hardly are those words out
When a vast image out of Spiritus Mundi
Troubles my sight: somewhere in sands of the desert
A shape with lion body and the head of a man,
A gaze blank and pitiless as the sun,
Is moving its slow thighs, while all about it
Reel shadows of the indignant desert birds.
The darkness drops again; but now I know
That twenty centuries of stony sleep
Were vexed to nightmare by a rocking cradle,
And what rough beast, its hour come round at last,
Slouches towards Bethlehem to be born?

— Yeats, "The Second Coming"

Le centre ne tient plus. Il a été détruit et l'anarchie règne à présent sur le monde.

Nous sommes le 21 décembre 2001. L'après-midi touche à sa fin dans un placide coucher de soleil orangé. L'air froid de l'hiver semble favoriser la circulation de la chaleur, des particules invisibles portées par les vents solaires pour réchauffer ma froide carcasse.

Ce soir, Odin chevauchera Sleipnir à la tête de la Wuntendes Heer, l'Armée furieuse et viendra réclamer l'alfablót, le sacrifice aux elfes. Ce soir, dans la nuit immémoriale des temps anciens, les hommes prieront le soleil, sacrifieront aux dieux ténébreux du monde souterrain pour qu'il renaisse à nouveau et leur permette de vivre.

Joyeux solstice d'hiver en attendant Nöel!

A présent qu'il n'existe plus d'axe vertical pour nous aider à nous regrouper sur le plan horizontal, il faut regarder vers ceux qui nous précèdent, qui nous dépassent et qui nous succèdent. Qu'y a-t-il de plus grand que chacun d'entre nous? Notre mort.

Sans prendre conscience de cela, nous ne deviendrons que des spectres errants le long des autoroutes et des périphériques, hantant les marges d'un monde qui n'est plus que marges, car les centres sont creux et vides. Moi qui y habite, qui y vit, je vous le dis: fuyez.

"The best lack all convictions, while the worst are full of passionate intensity."

Votre Kokeshi, depuis les racines d'Yggdrasil.